FORÊT NOIRE

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Haut lieu de l’horlogerie allemande

Comment reconnaît-on un vrai “coucou” de Forêt Noire ? Il fait sa révérence toutes les heures, bat des ailes et ouvre le bec ! Vous en verrez des centaines à Furtwangen, petite ville qui fut longtemps le centre de l’industrie horlogère. Son “Uhrenmuseum” (musée de l’horlogerie), connu dans le monde entier, retrace l’histoire des horloges de Forêt Noire.


 
C’est en 1852 que Robert Gerwig, alors directeur de l’école d’horlogerie du pas de Bade, commence une collection d’horloges en bois de la Forêt Noire, qui deviendra bientôt le "Uhrenmuseum" de Furtwangen. 
Au fil du temps et des acquisitions (comme, en 1975, celle de la collection de l’industriel Helmut Kienzle), le musée s’enrichit jusqu’à posséder aujourd’hui 8000 pièces rares, dont 2500 horloges et instruments de musique mécaniques sont exposés en alternance.
Une collection vieille donc de 150 ans, la plus vaste au monde de cette sorte, qui offre un regard sur l’histoire les traditions et la culture de la Forêt Noire.
Pendules à coucous mais aussi pendules musicales, à cadrans émaillés et peints, pendules avec automates, par exemple les 12 apôtres sonnant les heures. Pièce rarissime que l’on doit à un maitre-horloger de Villingen : une horloge astronomique pesant plus d’une tonne, monstre sophistiqué qui donne l’heure d’une série de villes du monde, la position du soleil et les cycles de la lune ainsi que le jour, le mois, l’année et même le siècle pour les distraits.

 
Sur la piste du coucou

Si la Suisse est LE pays de l’horlogerie, célèbre en particulier pour ses “coucous” - les authentiques coucous suisses sont “en bois de tilleul, taillés et assemblés à la main à Brienz, dans l’Oberland bernois” - c’est en Forêt Noire qu’on en fabrique les mécanismes. Mieux, c’est un Allemand qui a inventé cet étrange volatile.
Jusqu'à ce jour, il n'a pas été possible de dater les premières pendules de Forêt Noire : on trouve souvent sur des reproductions l'année 1640, mais les recherches historiques qui ne peuvent pas prouver l'exactitude de cette date.
Le père bénédictin Franz Steyrer mentionne les frères Kreuz comme étant les premiers à avoir construit, avant 1667, des "pendules en bois avec Foliot".


 
C’est à partir de 1720 que l'industrie horlogère se développe partout dand la haute Forêt Noire, depuis Sankt Georgen au nord jusqu'à Neustadt au sud, avec une “capitale” à Furtwangen.
Très vite, les horloges de la Forêt Noire sont réputées dans le monde pour leur prix abordable et leur solidité : elles se composent d’un cadran peint sur un cadre de bois laqué dont la partie supérieure en forme d’arc est décorée de motifs rustiques, et où sera ménagé, plus tard, le portillon abritant le coucou.
Rien à voir donc avec la forme actuelle qui fera son apparition vers les années 1840, alors que la pendule à coucou est déjà centenaire et que la Forêt-Noire produit et distribue annuellement, par le seul moyen du colportage, pas loin de six cent mille pendules.

Une guérite de garde-barrière
 
 
La première évocation écrite du coucou date de 1762. Elle est le fait d’un légat du pape qui, lors d’un voyage en Forêt Noire, rapporte ceci : «On fabrique ici un très grand nombre de pendules en bois qui sont répandues partout en Europe par le commerce ; on les connaissait déjà autrefois, mais on vient de les perfectionner en les équipant avec le cri du coucou.»
La chronique attribue à un certain Franz Anton Ketterer, de Schönwald, l’invention et la construction de la première pendule à coucou en 1730.
Mais ce dont l’Histoire est sûre, c’est que la forme actuelle de la pendule à coucou est due à Friedrich Eisenlohr, professeur à Karlsruhe et responsable des constructions de la Société des chemins de fer du Bade-Wurtemberg. En 1850, un appel est lancé aux créateurs pour renouveler la forme du boîtier de l’horloge de la Forêt-Noire. Eisenlohr trouve l’inspiration dans son métier, dessinant une “guérite de garde-barrière” et remportant ainsi le concours. 
Equipés de ce mécanisme, les boîtiers deviennent des “pendules à guérite” (en allemand “Bahnhäusleuhr”) dont, bientôt, un “ingénieux inconnu”, (puisqu’il n’a pas laissé son nom dans l’histoire) équipe le pignon d’un coucou, et décore le cadran de motifs sculptés ? feuillage avec fruits, animaux de la forêt, scènes de chasse - et c’est le succès. Depuis lors, le “Kuckucksuhr” est devenu le symbole de la Forêt-Noire.

D’ailleurs l’Allemagne, si amoureuse de ponctualité, a toujours été un moteur de progrès en matière d’horlogerie, depuis la première montre, fabriquée à Nuremberg par Peter Henlein au début du 16ème siècle, puis l’invention du pendule, au milieu du 17ème siècle et la naissance de l’industrie horlogère au 18ème siècle, jusqu’à l’horloge atomique à jet de césium de la fin du 20ème siècle.

En témoigne l’histoire de la firme Junghans, fondée en 1861 par les frères Erhard et Xaver Junghans à  Schramberg, au coeur de la Forêt Noire.


 
Dès 1900, Junghans est le premier fabricant d’horloges au monde. En 1927 débute la fabrication des bracelets-montres. En 1970, lancement de la première montre à quartz au monde, en 1985, de la première horloge atomique, puis, en 1989, de la première montre atomique. Aujourd’hui Junghans, qui appartient au Diehl Group (1,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires, 13.000 personnes), est le leader mondial pour la technologie des montres atomiques, qui sont devenues le nouvel étalon de temps.
Indispensables dans des domaines comme les télécommunications ou la navigation astronautique, où les durées s'expriment aussi bien en nanoseconde qu'en milliards d'années.

- Toutes les photos sont des documents reproduits. Source : un article expliquant l’origine du coucou, signé André Girard, 2000 (en français) : webdo.ch/mp/mp_15/coucou_15.html
 

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