Désaffection : le constat

Sur le marché de l'emploi, l'allemand est, en France, la seconde langue de loin la plus demandée.
Et pourtant, qui le sait ?
Une campagne de communication s'impose d'urgence … En attendant, et faute de mieux, lisez Germania !

Par Florence CANARELLI


 

Que l'anglais soit la première langue étrangère parlée en France et en Allemagne (à 92% en Allemagne et à 95% en France), c'est normal. L'anglais, langue "facile", langue de communication. Et, dans une époque où l'on aime la facilité, pourquoi s'en étonner.
Or, de chaque côté du Rhin, la langue du voisin est réputée ardue, un peu trop littéraire et réservée aux bons élèves.

Résultat, un déclin constant de l'enseignement de ces deux langues : en France,  l’effectif des élèves germanistes de l’enseignement secondaire devrait se situer en dessous de la barre du million pour cette année scolaire 2002-2003 (il était de 1,137 millions en 1999). En Allemagne, moins d'un quart des 5 millions d'élèves apprennent notre langue.

En France, dans le primaire (CM2), seuls 16% des élèves apprennent  l’allemand, comme première langue, 11% mais en majorité dans les académies de l’Est. et comme deuxième langue, seulement 21%. 
Pire, en Allemagne, le français n'est choisi comme première langue que par 5% des jeunes Allemands.

En cette année 2003, depuis la rentrée scolaire, partout en France, des sections de 6ème LV1 (langue vivante 1) ont été supprimées ou suspendues, tandis que la baisse se poursuit dans les effectifs de 4ème LV2. 
Seule à tirer la sonnette d'alarme, l'ADEAF (Association pour la défense de l'enseignement de l'allemand en France) a profité du 40ème anniversaire du traité franco-allemand, en janvier dernier, pour interpeller les responsables politiques français et allemands : il est urgent de lancer une grande campagne d’information auprès du public …

Méconnaissance et préjugés toujours d'actualité !

En réalité, c'est l'information qui manque le plus, comme le prouve cette étude réalisée en janvier 2003 pour l’OFAJ (Office franco-allemand pour la jeunesse)  qui analyse les perceptions réciproques qu’entretiennent les jeunes Français et les jeunes Allemands sur leur pays voisin respectif. Voici quelques exemples des réponses obtenues :

Les Français sont des gourmets et des bons vivants aux yeux des Allemands (baguette, fromage, tour Eiffel, vin,  cognac  et champagne) tandis que les Allemands sont d’abord perçus en fonction du contexte socio-historique
(l'Europe ou l'Union Européenne, la Seconde guerre mondiale, national-socialisme … et les voitures allemandes)

• Les Allemands sont plus attirés par la France que les Français par l’Allemagne, dont ils ont une image floue.
C'est normal car, tandis que plus de la moitié des Allemands se sont déjà rendus en France, seuls 44% des jeunes Français sont partis en Allemagne. 

• Médiocrité des connaissances sur le pays voisin : 43% des Allemands avouent ne savoir que peu de choses sur la France. Un Français sur deux étant dans le même cas. 
 

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