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"Comment j’ai abordé
l’apprentissage de l’allemand"
Ce n’est souvent qu’après plusieurs
réformes qu’une méthode d’apprentissage peut s’avérer
efficace.
par Cécile Bordeau |
Tout le monde n’a pas les mêmes aptitudes
à apprendre une langue étrangère. Certains sont doués
dès le départ, d’autres ne pourront jamais retenir un mot
ni une expression, sans que l’on puisse vraiment s’en expliquer les raisons.
Si tout le monde ne dispose pas des mêmes
facultés, il est vrai également que les méthodes d’apprentissage
diffèrent souvent d’un individu à l’autre, en tout cas d’une
classe d’âge à une autre. Si pendant de longues années,
l’enseignement des langues a été surtout basé sur
une étude écrite, il s’est soudain clairement fait sentir
qu’un enseignement de l’oral était plus que nécessaire. Les
méthodes ont dû évoluer (en savoir plus sur les
nouvelles méthodes)
| Mais une évolution ne va pas toujours
dans le bon sens, elle peut être hésitante, voire même
donner lieu à des « ratés ». Et ce n’est qu’après
plusieurs réformes, plusieurs tentatives qu’une méthode d’apprentissage
peut s’avérer définitivement efficace.
Malheureusement, entre temps, certaines classes d’âge auront fait les frais de méthodes encore « approximatives », voire dangereuses, en ce sens qu’elles auront failli à leur mission : faire apprendre une langue. |
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| En ce qui me concerne, mon expérience
est un peu particulière, puisque j’ai abordé l’étude
de l’allemand en seconde langue (après deux ans d’anglais), avec
l’appui d’une méthode qui en était à ses débuts
et qui n’avait, par conséquent, pas encore, fait ses preuves. Le
résultat fut malheureusement désastreux. Même si aujourd’hui,
adulte, j’ai pu combler mes lacunes et parvenir à un niveau tout
à fait satisfaisant, je ne résiste pas au plaisir de vous
relater mes débuts en allemand, certaine qu’ils pourront mieux faire
comprendre pourquoi le choix d’une méthode éprouvée
peut être décisif dans la maîtrise d’une langue étrangère
et pourquoi les débuts de l’ apprentissage sont primordiaux.
Tout avait, en fait, démarré
assez mal. Dès le départ, à l’entrée au collège
en 1976, mes plans étaient déjoués, mes projets anéantis.
En effet, pour des raisons de transport et surtout de desserte scolaire,
il me fut impossible de choisir, comme je le souhaitais, l’allemand en
première langue et je fus donc contrainte de ne l’apprendre qu’à
partir de la 4ème, après deux ans d’anglais.
Il me fallut donc patienter deux ans de plus,
mais n’y tenant plus, j’avais même décidé, lors de
l’été qui précédât mon entrée
en 4ème, de commencer à « jeter un œil » au livre
qui allait normalement être utilisé durant l’année
scolaire (« l’Allemand facile »), en compagnie d’une dame âgée,
amie de la famille, et qui parlait un peu allemand.
Mais le destin allait, à nouveau, se mettre en travers de ma route, et ce, dès le jour de la rentrée, lors de la remise des livres scolaires : le livre avait changé ! Fini « l’Allemand facile » ! On nous remis à la place une toute nouvelle méthode : la DWB (« Deutsch in Wort und Bild »), qui n’était autre qu’une méthode audio-visuelle. A ce stade, et étant donné mes faibles connaissances en allemand, je n’étais pas encore en mesure de juger si cette méthode était meilleure ou moins bonne que l’ancienne, mais déjà les illustrations de bande-dessinée m’avaient laissée songeuse, moi qui m’était, déjà, quelque peu habituée à l’histoire de l’ancien livre….. Pourtant sans à priori négatif, et au contraire, avec une grande motivation, je débutais donc l’apprentissage avec cette méthode audio-visuelle. Malheureusement, le manuel n’étant ni doté d’explications grammaticales (dans le sens où on l’entend traditionnellement en tout cas), ni de liste de vocabulaire bilingue, il s’avéra, dès le premier cours, très difficile pour moi, de comprendre le sens du texte diffusé sur la cassette audio que l’on nous passait durant le cours, avec la seule aide des photos du manuel ! Confiante et patiente, je persévérais pourtant, en me disant que j’allais finir par comprendre, la professeur se refusant à nous parler en français pour nous donner le sens du texte, prétextant qu’il fallait se mettre tout de suite « dans le bain ». Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Après plusieurs semaines, j’étais finalement complètement « noyée ». N’ayant personne à la maison qui aurait pu m’aider et me fournir les explications et le soutien dont j’aurais eu besoin pour cette matière, je fus bientôt complètement « perdue » et mon apprentissage de l’allemand se soldât très vite par un échec, en dépit de toute la motivation dont j’avais fait preuve au départ. Sans doute, l’appui d’une personne parlant
allemand à la maison m’aurait peut-être « sauvée »,
mais ce n’était malheureusement pas le cas, et ma professeur restait
sur ses positions, convaincue que sa méthode était la meilleure.
Nous en étions aux tous débuts des méthodes audio-visuelles
et sans doute, n’y avait-il pas encore le recul nécessaire pour
évaluer les forces et les faiblesses de telles méthodes ?
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Ceci étant, je terminais mes deux années de collège , en maîtrisant en tout et pour tout, deux phrases qui n’avaient d’ailleurs aucun lien entre elles : Ach so, das Preissauschreiben !
Traduction :
C’est absolument tout ce que j’avais compris
! Rien d’autre ! Avouez que mon « bagage linguistique » était
plus que réduit, et surtout inutile dans les situations de la vie
courante….. !
Mes années d’allemand au lycée furent, bien entendu, très difficiles, puisque je ne disposais d’aucune base, que ce soit en vocabulaire ou en grammaire, à la différence de mes camarades qui venaient d’autres collèges, et qui, donc, avaient débuté avec une méthode différente de la mienne. A l’approche du Baccalauréat, il devenait
urgent de remédier à mes lacunes, dans l’éventualité
où j’aurais à me présenter à une épreuve
d’allemand à l’oral en cas de session de rattrapage. Je n’eus fort
heureusement pas à me présenter à l’oral, mais cette
perspective (paralysante) m’a cependant incitée à me plonger
dans une méthode rapide, destinée à me donner en urgence
les bases qui me manquaient : « L’Allemand en 90 leçons » !
Bien entendu, cette méthode n’avait
pas la prétention de donner un niveau de bilinguisme à celui
qui l’abordait, mais toujours est-il qu’elle m’a apportée une plus
grande aisance, me permettant même d’achever mon année de
Terminale en allemand avec satisfaction.
Sans doute est-ce cette motivation qui m’a finalement permis d’acquérir un niveau satisfaisant après tant d’années difficiles ? Car, toujours soucieuse de parvenir à un meilleur niveau et de pouvoir m’exprimer correctement lors de mes voyages en Allemagne ou en Autriche, j’ai même décidé, adulte, il y a seulement 5 ans de fréquenter un cours d’allemand du Goethe Institut, finalisant ainsi définitivement l’apprentissage des bases nécessaires à la maîtrise de la langue allemande ! Tant d’années après, je parvenais enfin, à maîtriser le langage courant, sans aucune appréhension ! Aujourd’hui, j’ai surmonté tous mes obstacles : je suis même diplômée d’une Maîtrise de Langues Etrangères Appliquées Anglais-Allemand, titulaire du Diplôme d’Allemand Economique et Commercial de la Chambre de Commerce Franco-Allemande (que j’ai obtenu avec Mention Bien), et je suis également titulaire du « Mittelstufenprüfung » du Goethe Institut ! Lors de mes voyages ou séjours en Allemagne ou en Autriche, je m’exprime sans aucun problème, lisant la presse sans dictionnaire et échangeant des courriers en allemand avec mes différents correspondants d’Outre-Rhin. Moralité : même avec un handicap
et des débuts, par conséquent, difficiles, tout est possible !
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TROIS CITATIONS À MÉDITER
• "Nos désirs sont les pressentiments des possibilités qui sont en nous" (Goethe, écrivain allemand) • "Le courage et la persévérance ont un talisman magique devant lequel les difficultés disparaissent et les obstacles s’évaporent" (John Quincy Adams, président des Etats Unis de 1825 à 1829) • "Apprendre une autre langue, c’est comme le commencement d’une autre vie" (Michel Bouthot, écrivain québecois) |
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