Pour moi, Derrick
fut le premier inspecteur - et le premier Allemand - à illustrer
une manière allemande d'être inspecteur, ou, mieux, une manière
d'être typiquement allemande.
Même si j'avoue
n'avoir jamais été très sensible au physique quelque
peu rébarbatif de Derrick, je reconnais que son quart de siècle
d'enquêtes (1974-1998) et ses 281 épisodes, représente
un véritable phénomène de société, les
enquêtes de l'inspecteur Stephan Derrick et de son fidèle
assistant Harry Klein ayant fait le tour de force de distraire des millions
de téléspectateurs dans plus de cent pays !
| Avec toujours les
mêmes histoires opposant des riches malheureux à des pauvres
envieux, des menteurs à dautres menteurs, dans un univers sombre,
sans joie de vivre ni happy end.
Vêtu avec soin
mais sans grande originalité, dépourvu de sex-appeal, Derrick
célèbre principalement ces trois valeurs d'"après-guerre"
que sont "la réserve, l'honnêteté et une juste
austérité". Sa devise pourrait être s'aider, prendre
garde et se respecter les uns les autres. |
DR |
En 1998, le producteur
de Derrick invente Siska
Après 25 ans
de bons et loyaux services, Derrick prend sa retraite, remplacé
par un Siska à la barbe de trois jours savamment entretenu : beaucoup
plus jeune, branché, et il faut bien le dire, séduisant,
Siska possède le même producteur que Derrick, Helmut Ringelmann,
qui fait appel au même auteur, Herbert Reinecker, pour participer
à l'écriture des aventures de ce jeune policier fraichement
muté à Munich.
On prend les mêmes
mais on crée un genre nouveau, moderne, voire "branché",
en phase avec notre époque.
Peter Kremer, dans
le rôle de Peter Siska, brille par une aisance, une élégance
sobre et moderne (en jean
mais avec une veste bleu marine et une chemise
blanche très "classe"), un charme à la fois ferme et souriant,
plus porté à l'action qu'aux bavardages. Au volant de sa
superbe BMW, Siska symbolise (selon moi) l'Allemand d'aujourd'hui, décomplexé
car assumant sa "germanitude".
DR
Siska
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Dans des scénarios
haletants, sans temps morts ni longueurs, comme coupés au cordeau,
à l'image de la musique du générique. Typiquement
allemands dans leur sobriété et "lignes géométriques".
En France, 3 millions
de téléspectateurs ont suivi les enquêtes du commissaire
Siska chaque dimanche soir d'été sur France 3. Preuve que
le "typisch deutsch" peut séduire même les Français
! |
DR
et son co-équipier Lorenz |
Hors normes, Schimanski
est l'anti-Derrick !
Un peu "anar", désobéissant
à sa hiérarchie, et roulant
dans une vieille Citroën
CX, Schimmi n'a rien de l'Allemand tel qu'on aime à le caricaturer.
Hors normes et non "typisch deutsch", malgré sa moustache, Schimanski,
devenu "die Legende aus Duisburg" (la légende de Duisburg), a marqué
son époque durant dix ans, depuis le premier épisode en juin
1981.
DR |
Horst Schimanski,
joué par Götz George (fils de l'acteur Heinrich George), campe
avec panache un Allemand fonceur, bourré d'énergie, courageux,
sportif mais aussi plein d'humour, de verve
et de sensibilité. |
DR |
Et le Depardieu allemand,
l'anti-Derrick comme on le considère en Allemagne, fit un tabac
Non seulement en Allemagne, où le culte "Schimmi" bat son plein
- un fan a par exemple créé un site à la gloire de
son idole et le musée de la Cinémathèque allemande,
inauguré à berlin en 2000, expose la célèbre
veste de "Schimanski" portée par Götz George - mais partout
en Europe. C'est au point que, arrêtée en 1991, la série
"Duisburger WDR-Tatorts" a repris en 1997 !
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