MADE IN GERMANY : DEUTSCHE GRAMMOPHON
 

           Emil Berliner et son invention (DR)

Que l'on soit mélomane ou pas, tout le monde connait "Deutsche Grammophon", nom symbole de la grande musique classique portée au plus haut degré de perfection.

Emil Berliner, qui restera dans l'histoire comme l'inventeur du gramophone et du disque, était aussi un chef d'entreprise puisqu'il fonda à Hanovre, en 1898, Deutsche Grammophon, avec son frère Joseph.
Aujourd'hui dans le giron du groupe Universal, et présente dans 40 pays, l'entreprise basée à Hambourg sort encore 80 nouvelles productions chaque année. 

Par Florence Canarelli


 

Après Edison, qui invente en 1877 la gravure sur cylindre d'étain à l'aide d'un saphir, c’est à Emil Berliner que l’on doit, en 1889, la gravure sur disque de verre, de zinc, de vulcanite, et la duplication par pressage (70 tours/minutes).

Celui qui restera comme l'inventeur du gramophone et du disque, Emil Berliner, comprit très vite l'intérêt d'utiliser ces nouvelles technologies pour apporter la musique dans chaque foyer.

Durant une dizaine d'années, il fait quelques expérimentations, à la fois techniques et commerciales : En 1893, il fonde aux USA la Gramophone Company tout en perfectionnant sa machine, avant de la lancer sur le marché en 1896. Le succès est énorme ; deux ans plus tard, il se vend pour un million de dollars de gramophones aux USA. 
 
Après avoir fondé en Angleterre The Gramophone Company, (qui deviendra His Master's Voice puis E.M.I.), il revient dans sa ville natale de Hanovre pour créer , avec son frère Joseph, la "Deutsche Grammophon Gesellschaft", qui est la première usine au monde spécialisée dans le pressage des disques. 
En 1904, l'usine de Hanovre presse 25 000 disques par jour et le catalogue contient déjà plus de 5000 titres, en 1929 elle fabrique 10 millions de disques par an !

   L'usine Deutsche Grammophon au début du siècle

Son partenaire Fred Gaisberg -  le premier  impressario de l'histoire du disque - fait signer les plus grands artistes de l'époque, Caruso, Chaliapin ou Dame Nellie Melba.

En 1941, Deutsche Grammophon passe dans le giron du géant  Siemens & Halske.

En 1962, une association avec le hollandais Philips donnera naissance à PolyGram (1971). Pendant longtemps, c'est Philips qui possède la majorité des parts, jusqu'à 1998,  où le groupe canadien Seagram rachète PolyGram pour former Universal Music Group. Deutsche Grammophon appartient aujourd'hui à "Universal Classic".

Dans la longue liste des artistes “deutsche Grammophon”, citons au hasard, parmi les plus célèbres, Claudio Abbado, Berlin Philharmonic, Leonard Bernstein, Pierre Boulez, Plácido Domingo, Hélène Grimaud, Vladimir Horowitz, Herbert von Karajan, Anne-Sophie Mutter, Wiener Philharmoniker …

L'entreprise au fameux label jaune, toujours numéro 1

Basée à Hamburg, Deutsche Grammophon est représentée dans plus de 40 pays. L'entreprise au fameux label jaune, qui ne publie pas son chiffres d'affaires est toujours considérée comme leader de la musique classique sur le marché international dont elle détiendrait plus de 20%. Même si, ce secteur traversant une crise, la Deutsche Grammophon a réduit le budget de divers postes ainsi que ses effectifs.

Son président, M. Karsten Witt, a fait savoir que la firme allait faire beaucoup d'efforts dans le marketing pour sortir le marché classique de son isolement en s'adressant à de nouveaux publics.
 
 
En moyenne, 80 nouvelles productions vont voir le jour chaque année. 

En 1995, est parue par exemple l'intégrale de Beethoven - 87 disques compacts en vingt volumes, la plus complète jusqu'à ce jour - et la Quatrième Symphonie de Brahms, jouée par Carlos Kleiber et les Wiener Philharmoniker, ou encore le centième album de la collection "The Originals". 

Plus de deux millions de CD de cette série ont déjà été vendus depuis son lancement.

Deutsche Grammophon s'emploie aussi à encourager les jeunes talents. Elle a soutenu la carrière du violoniste David Garrett et du pianiste Gianlucca Cascioli, ces dernières années, et servi de tremplin à Gil Shaham et Bryn Terfel.

 

en savoir plus : deutschegrammophon.com Revenir lire "Made in Germany"