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Portrait-type d’une table «germanique»
Même si l’on parle moins de la gastronomie
allemande ou autrichienne en comparaison avec la gastronomie française,
il n’en reste pas moins vrai que dans ces pays également, on accorde
de l’importance au « bien manger ».
Par Cécile BORDEAU |
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Dans les pays germaniques, difficile de trouver des tables négligées. Au contraire, tout concoure à donner une impression de bien-être et de raffinement, éléments essentiels de la célèbre « Gemütlichkeit » ambiante. (voir notre Germania Magazine de Novembre 2002, pour l’explication de la Gemütlichkeit )
Et finalement, quel autre mot que « Tischkultur » (qu’on pourrait traduire par l’Art de la Table) saurait-il mieux décrire cette exigence qu’ont les pays germaniques envers eux-mêmes pour rendre leurs tables accueillantes et…. disons-le, séduisantes à souhait ? Une offre culinaire variée Du lever au coucher, l’offre culinaire
germanique a de quoi satisfaire les appétits les plus féroces….
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Sans doute, les saisons hivernales
rigoureuses de ces pays, ou encore le relief d’un pays comme l’Autriche,
auront contribué à la prise de conscience des populations
qu’il était nécessaire, dès le lever du jour, de bien
se nourrir pour faire face à une journée qui s’annonce.
Un Frühstück à la mode germanique, (que l’on sert dans les hôtels souvent sous forme de buffet) est donc obligatoirement composé de charcuteries diverses, de fromages, d’œufs, de céréales (Müsli), de fromage blanc, de corbeilles de fruits, de compotes, de confitures, de salades de fruits, et surtout…. de pains ou de viennoiseries en tous genres. A noter qu’en Bavière ou en Autriche, le « Semmel » (sorte de petit pain rond doré, avec beaucoup de mie) est incontournable et… tellement délicieux ! Nul ne saurait résister à un buffet harmonieusement arrangé sur des tables toujours impeccables, quand, en plus, les boissons chaudes et froides sont au rendez-vous. Rien ne saurait manquer : café, thé, chocolat, lait, tisanes en tous genres, jus de fruits frais. Bref, de quoi satisfaire toutes les envies ! Le "Brotzeit", une collation que l’on prend en cours de journée Encore une bonne occasion de savourer,
notamment en Bavière ou dans les montagnes autrichiennes : charcuteries,
saucisses, fromages, salades, beurre et naturellement….. le pain, dans
ses multiples états…..
Un délicieux moment de détente
qui ne laissera personne insensible. J’ai moi-même souvent succombé
à ce « petit » plaisir, et j’ai le souvenir d’une « Jausenbrett’l »
incomparable, servie en Autriche (à Gramai, près du lac Achensee,
au Tyrol) qui aurait eu de quoi satisfaire l’appétit d’un ogre…..
Avis aux amateurs…. !
Sans vouloir prétendre que
tout le monde dans les pays germaniques succombe quotidiennement à
la tentation des pâtisseries pour le goûter, il n’est pas rare
pourtant que l’on s’accorde, notamment le week-end, un petit moment d’exception
pour savourer dans une Konditorei (pâtisserie, salon de thé)
les fameux gâteaux dont ces pays ont le secret : des pâtisseries
à étages recouverte de crème, dont un des exemples
les plus connus est la Schwarzwald Torte (le gâteau de la Forêt
Noire), ou bien encore un Strudel (chausson) toujours accompagné
de crème, comme il se doit (Sahne) !
Pour obtenir un café de taille
normale, il faudra donc être précis et demander plutôt :
« ein kleiner schwarzer Kaffee » (mot à mot : un petit
café noir) ou plus simplement « ein kleiner Schwarzer ».
Pour obtenir un café avec un nuage de lait, on dira : « ein
kleiner Brauner ». Pour encore plus de plaisir, on pourra commander
« ein Melange », qui n’est autre qu’un grand crème,
avec moitié café, moitié lait.
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Et disons-le, durant un voyage en
Allemagne ou en Autriche, la visite d’une Konditorei doit être considérée
comme un « must » : à ne manquer sous aucun prétexte …
C’est cela aussi, la « Gemütlichkeit » !
A midi ("Mittagessen") et le soir ("Abendessen"), les plats de résistance ! Même, si comme partout ailleurs dans le monde aujourd’hui, la durée du repas de midi tend à se réduire, il n’en est pas moins vrai que ce repas reste important, du seul fait qu’il permet de « recharger ses batteries » après l’effort accompli dans la matinée - qu’il s’agisse de travail… ou d’activités de loisirs ! Ainsi, n’est-il pas rare de constater que le potage est présent au repas de midi tandis qu’il sera incontournable au dîner - notamment en Autriche. A noter qu’il s’agit le plus souvent de soupes savoureuses, souvent crémeuses, réalisées avec toutes sortes de légumes : choux-fleur, courgettes, potiron, pommes de terre, ail, etc….D’autres soupes, comme la « Griessnockerlsuppe » (soupe claire avec une boulette) ou la « Fritattensuppe » (soupe claire agrémentée de lanières de crêpes) sont également incontournables. Pour la suite du repas, peu importe qu’il s’agisse du Mittagessen ou de l’Abendessen, l’organisation ne diffère pas. Mais à l’inverse de la France,
le potage n’est pas le premier plat du repas. Au contraire, on sert d’abord
le hors d’œuvre, ensuite le potage, suivi, le cas échéant,
d’une entrée et du plat de résistance, ainsi que du dessert.
Le pain, quant à lui, très présent au petit déjeuner, l’est beaucoup moins aux repas, et il conviendra de le demander expressément si on le souhaite. A noter qu’il sera d’ailleurs fréquemment facturé en sus, notamment en Autriche. De même il conviendra, si l’on
désire consommer de l’eau, de la demander mais elle sera rarement
servie « plate ». Peu ou pas de carafe d’eau du robinet ; au
contraire, on servira plus fréquemment de l’eau en bouteille, et
pays germanique oblige…. souvent gazeuse ! Bon à savoir si votre
estomac est allergique aux bulles !
Pour les plats de résistance, on notera qu’ils sont toujours extrêmement copieux, joliment arrangés dans l’assiette et très bien garnis : des portions généreuses, souvent susceptibles de nourrir deux bûcherons et trois scieurs de long d’un coup ! Petites natures, s’abstenir ! A cet égard, on remarquera
souvent dans ces pays, qu’il est apparemment plus rassurant pour le restaurateur
de voir le client « câler » sur son assiette plutôt
que de desservir des assiettes entièrement vides, qui pourraient
lui laisser penser que le client n’a peut-être pas suffisamment « mangé
à sa faim » !
On notera également qu’on
aura souvent plutôt intérêt à s’éloigner
des lieux hautement touristiques pour se restaurer.
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Alors, si les pays germaniques « mettent les petits plats dans les grands », sans doute cela influera-t-il quelque peu sur votre ligne, mais chacun ne sait-il pas que ces pays ont tendance à engendrer des gens plutôt forts et bien portants à la carrure imposante, que des gringalets filiformes ? Et puis, dites-vous que l’on ne saurait vraiment connaître un pays sans avoir également goûté et apprécié pleinement toutes les facettes de sa gastronomie ! Et comme on dit, là bas :
"Mahlzeit" ! (bon appétit !)
CB
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