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"Le travail c'est le travail, le schnaps c'est le schnaps…" … Dit dit un proverbe allemand pour signifier
qu'on ne mélange pas le travail et les loisirs, alors qu'un Français
ne conçoit pas de signer un contrat sans déjeuner de travail.
Deux mentalités différentes et complémentaires qui
auraient tout intérêt à travailler … de concert.
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- "Un allemand reste le moins possible au
bureau parce qu'il veut avoir ensuite du temps chez lui pour ses loisirs
- auxquels il se consacre avec le même sérieux et la même
énergie qu'à son travail. L'idée française
d'inviter quelqu'un à un repas de travail entre 13 heures et 15
h, lui est insupportable …"
Chercheur à l'Institut für Zeitgeschichte
à Munich, le Français Edouard Husson - par ailleurs agrégé
d'histoire et Docteur en histoire de l'université Paris IV - sait
de quoi il parle pour cotôyer tous les jours des Allemands au travail
:
| - "En Allemagne, il n'y pas cette idée de prendre son temps et qu'après tout si on sort à 20 h du bureau c'est qu'on y a eu des bons moments. Il y a une séparation entre les domaines travail et loisirs qui a une conséquence sur le contenu du travail : mes collègues historiens allemands ont une tendance presque outrancière à la spécialisation et s'il est vrai qu'ils creusent un sillon jusqu'au bout celui-ci est souvent limité. En France, on ne finit pas toujours ce qu'on a commencé mais on est plus inventif et plus créatif parce que souvent plus interdisciplinaire. Le Français a plus d'idées pour marier des choses qu'un Allemand hésiterait à associer." | ![]() |
D'où deux manières de travailler
très différentes : les Allemands ont toujours des dossiers
très préparés, les Français sont plus dilettantes,
au départ. Ils attendent plus de la négociation.
L'Allemand a très peu de zèle
missionnaire au sens de vouloir imposer à l'étranger la conviction
que le modèle allemand est un modèle "universalisable", contrairement
au Français. Le luthéranisme n'a pas le côté
missionnaire du calvinisme ou du catholicisme.
Mais il existe un côté missionnaire
… dans le cadre d'une collaboration : les Allemands "pensent non seulement
que leur modèle est bon mais qu'il est le meilleur. C'est chez eux
que cela fonctionne le mieux."
La réunion professionnelle entre Français et Allemands (vue par Eurotriade)
L'Allemand met en place une réunion
pour rassembler les contributions de tous les participants avec l'objectif
d'obtenir un consensus.
Le Français peut prévoir une
réunion pour tester l'adhésion ou la résistance à
une idée ou un projet.
Le " pour voir un peu… " n'existe quasiment
pas en Allemagne : donner à quelqu'un l'impression qu'on lui ferait
perdre son temps est perçu comme très négatif
et non-professionnel.
En Allemagne, une réunion se prépare
très méticuleusement : l'ordre du jour est plus important
que l'énoncé du thème de la réunion, il s'impose
de façon très détaillé pour clarifier et répartir
les contributions successives
Planifier le temps sera en Allemagne plus
contraignant qu'en France. Il faut se tenir aux horaires prévus
et pas question de quitter la réunion sans que cela n'ait été
explicitement indiqué lors de la préparation.
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"Chacun son tour", voilà la devise
qui caractérise l'échange d'informations pendant une réunion
en Allemagne : ne pas interrompre, écouter l'autre, laisser parler.
Pourquoi ? peut-être parce que le sens de la phrase en allemand n'est compris qu'après la mise en place du verbe, souvent à la fin ; de plus la construction très explicite du vocabulaire allemand (qui agrège…) ne permet pas de deviner rapidement le sens effectif d'une phrase ; alors s'installe un rythme posé d'échanges. L'exhaustif prend place avec ses corollaires : être clair, répéter, attendre. |
Dans une réunion de Français,
le niveau sonore n'est que rarement monocorde ; très souvent, au
bout de trois mots, un Français est en mesure de commenter ce qui
va être dit. Jouant sur le mode allusif ou l'ellipse, il peut passer
à autre chose avec son voisin … tenir "une réunion dans la
réunion". Interrompre, reprendre la balle au bond, sentir la réactivité
… sont des habitudes françaises.
De quoi dérouter les uns et les autres,
ce qui peut entraîner de réels risques de malentendus : "les
rapides deviennent lentement impatients, les lents sont rapidement perdus".
La décision une fois prise,
l'Allemand repart en règle générale avec un cahier
de charge explicite … et un protocole écrit de la réunion
dont le but est de clarifier les accords pris … Protocole qu'un Français
peut ressentir comme une contrainte, un empiétement sur son droit
à se faire son idée de cette réunion …
- "On se revoit et on en discute", n'est
pas une suite inhabituelle en France, absolument déplacée
en Allemagne. FC
| SOURCES
http://www.diploweb.com/p5ehus01.htm Lire aussi, d'Edouard Husson : - "L'Allemagne à l'aube du XXI e siècle" et "Comprendre Hitler et la Shoah", (éd PUF, 2000) |
- Sur le site d'Eurotriade :
eurotriade.com/Fr/Bewerber/Community/Infos/FBCmain.htm |
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