FRANCE-ALLEMAGNE

L'Allemagne est le premier partenaire commercial de la France.
Près de 6 millions de jeunes français et allemands se sont rencontrés depuis 1963 (environ 200.000 par an) : 2000 jumelages de villes françaises et allemandes, 55.000 couples mixtes en 30 ans, relations croisées de fonctionnaires et politiques travaillant de concert depuis plus de 40 ans …
Par Florence CANARELLI

Entre la France et l'Allemagne, les préjugés voire les insultes - avec parfois de magnifiques contradictions - ont longtemps été de mise, de part et d'autre du Rhin (pour en savoir plus, revenir sur Germania…).
Même si aujourd'hui, il est politiquement correct de parler de "réussite de la coopération franco-allemande", nombre de clichés demeurent, du moins du côté français, faute de connaissance et d'intérêt…
Cependant, au delà des clichés, de vraies différences existent entre Français et Allemands : tempérament latin-chaud contre nordique-froid, droit du sol contre, pendant longtemps, droit du sang (qui vient d'être mofifié récemment), universalisme contre différentialisme, indiscipline contre discipline, culte de la querelle contre celui du lien social …
Comprendre ces différences, c'est s'enrichir … Des différences qui apparaissent très fortement quand il s'agit de travailler
ensemble : et pourtant, comme il serait efficace d'arriver à travailler de concert !

Les échanges franco-allemands sont une réussite …

C’est le traité de l'Élysée de 1963, qui institua les échanges entre jeunes allemands et français, et créa pour ce faire, l'Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ), parallèlement à d'autres initiatives, telles les jumelages entre villes.
Si Allemands et Français se considèrent aujourd’hui mutuellement comme amis, comme l'attestent de nombreux sondages, c’est grâce aux 2 000 jumelages entre villes allemandes et françaises et aux activités déployées par l'OFAJ.
En savoir plus sur les jumelages …, par Cécile BORDEAU.
A quoi on peut ajouter (conséquences ?) les 55 000 couples mixtes franco-allemands qui se sont unis entre 1963 et 1991, dont les enfants sont juridiquement binationaux et culturellement bilingues.

Côté institutions, la coopération franco-allemande est considérée comme une réussite : à divers échelons ministériels, qu'il s'agisse non seulement des Affaires étrangères ou de la Défense mais encore de l'Intérieur ou d'autres ministères, fonctionnaires et politiques allemands et français se connaissent, s'entretiennent, coopèrent et travaillent de concert.

Mise en place dans les années soixante, le réseau franco-allemand, formel et informel, a connu une “véritable explosion dans les années 90, en raison à la fois du développement des communications et de la multiplication des négociations multilatérales, européennes et atlantiques, depuis la fin de la guerre froide.”
Pour connaitre les grandes dates de la coopération franco-allemande …

Bonne nouvelle : tout récemment, un compromis semble s'esquisser entre les conceptions allemande et française, entre l'Europe fédérale et l'Europe des nations. Comme le remarque Bernard Guetta (l'Express du 12/12/2002), Jacques Chirac se fait à l'idée d'élire la Commission au suffrage universel alors que l'Allemagne ne refuse plus l'idée d’un «président du Conseil européen».
Bientôt, notre pays commun, ce sera l'Europe !

Même si beaucoup reste à faire …

Des ennemis héréditaires devenus les meilleurs amis du monde ? Ce serait un conte de fée … La réalité est bien sûr plus complexe
Lire l'opinion de Florence !

Car cette coopération franco-allemande bute sur un obstacle : la faible connaissance, dans un pays comme dans l'autre, de la langue du voisin. Est-ce un barrage infranchissable ?
En tous cas, c’est un effondrement qui ne cesse de s'accentuer : seulement 9,5 % des élèves français choisissent l'allemand comme première langue et 16 % comme seconde langue. En vingt ans, la chute est vertigineuse : respectivement le quart et la moitié des effectifs !

Et cet effondrement risque de se poursuivre, puisque le Capes et l'agrégation offrent de moins en moins de postes aux professeurs d'allemand : cette année, seulement 239, contre 725 pour les hispanistes et 1 196 pour les anglicistes. La situation de l'enseignement du français en Allemagne n'est guère plus florissante.

Pour y remédier, sans doute faudrait-il "engager des politiques éducative et linguistique plus audacieuses, multiplier les « cursus intégrés » et les lycées « Abi-bac » - seulement 16 aujourd'hui -, qui préparent simultanément à l'examen final des études secondaires allemandes et françaises. intensifier les séjours scolaires et professionnels chez le voisin …”
(sources : amb-allemagne.fr/de-fr/pages/adresses/7a.html)

Que cela ne nous empêche pas de fêter la "nuit franco-allemande" !
 
C'est en commun, à la fois à Paris et à Berlin, que sera célébré, les 22 et 23 janvier 2003, le 40ème anniversaire du Traité de l'Elysée : les gouvernements français et allemand, tout comme les Parlements des deux pays, se réuniront lors d'une cérémonie officielle à Paris et à Versailles.
En cette nuit du 22 au 23 janvier 2003, la France rendra un "hommage à l'Allemagne", tandis que l'Allemagne rendra  "eine Hommage an Frankreich".  … Champagne !

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