AUX SOURCES DE LA MUSIQUE ÉLECTRONIQUE

Musiciens-nés, les Allemands n’ont jamais été en retard non plus en matière de technologie. La première diffusion d'une oeuvre utilisant des instruments synthétiques eut lieu à Cologne en 1951 et Karlheinz Stokhausen est un des grands noms de la musique électro-acoustique.
Allemand également, le “Krautrock”, appelation fourre-tout regroupant tous les groupes allemands innovants des années 1970. Certains sont planants comme Tangerine Dream ou Klaus Schulze, d'autres purement électronique comme Kraftwerk. Tour d'horizon de cette musique … que j'aime (en toute subjectivité) !

Par Florence CANARELLI 


 
D'où vient la musique électronique ? De l'invention de nouvelles technologies utilisant l'électronique. 
Evident mais il fallait y penser …
En fait, toutes les musiques sont liées à une "technologie" … mais certaines plus que d'autres.
Comme disait Patti Smith, "le Rock est entièrement tributaire de la technologie". C'est d'autant plus vrai pour les musiques électroniques, où la technologie est au coeur du processus de création.
 
Autre évidence : le rock est né en même temps que la guitare électrique, cet instrument emblématique du rock ayant été inventé en 1951. 
Pourquoi le rock a-t-il été "tué" - ou est du moins "passé de mode" - au début des années 90, Nirvana, Metallica et Guns N'Roses ayant été les derniers grands groupes utilisant cet instrument ?
Parce que ce sont les instruments électroniques qui ont désormais la cote … Même s'il est bien sûr toujours possible d'écouter du rock - ce que personnellement je fais fréquemment ! 
Musiciens-nés, les Allemands n’ont jamais été en retard non plus en matière de technologie. La première diffusion d'une oeuvre utilisant des instruments synthétiques eut lieu à Cologne en 1951 (oeuvre de Herbert Eimer sur WDR, Westdeutscher Rundfunk) et Karlheinz Stokhausen est un des grands noms de la musique électro-acoustique (mariage des instruments électroniques et "classiques").

Allemand également, le “Krautrock” (ou Kosmische Musik), appelation fourre-tout sous laquelle sont regroupés tous les groupes allemands innovants des années 1970, plus ou moins "orientés synthétiseurs".
Certains sont planants (on dit "ambient" qui vient d'ambiance en anglais) comme Tangerine Dream ou Klaus Schulze, d'autres purement électronique (comme Kraftwerk).

Il est devenu banal de dire aujourd'hui que la "techno" puise ses racines chez Kraftwerk et le Krautrock,
Car les spécialistes de la musique d’aujourd’hui vous diraient qu’on doit classer les courants musicaux “progressifs” en art rock, pomp rock, prog-métal, rock prog symphonique, hard prog, folk prog, prog classique, prog continental, néo prog, rock in opposition, Canterbury, fusion jazz, space rock ou même zheul … 
Ne me demandez pas de traduire (encore moins de prononcer) ces termes barbares !
 
Ce qui m’intéresse, en toute subjectivité, sont les groupes classés, par ces mêmes experts, sous l’appelation “Krautrock”.

Le “Kraut” sonne germanique et l’est en effet : on y range des groupes comme CAN, Kraftwerk, Faust, Ash Ra Temple, Tangerine Dream, Agitation Free, Neu!, Cluster, Popol Vuh.

Les "Krautrockers" (appelation qu'on leur a donné par la suite) voulaient se démarquer des modèles anglo-saxons et affirmer leur propre identité : ils commencèrent à expérimenter l'improvisation collective, à puiser dans les musiques traditionnelles extra-européennes et à s'intéresser à l'avant-garde contemporaine (Karlheinz Stockhausen et la musique concrète ou électroacoustique, le mouvement Fluxus …
 
C'est à partir de ces différentes sources d'inspiration, qu'ils "distillèrent un savant mélange d'acoustique, d'électroacoustique, d'électronique".
C'est en septembre 1968, au Festival International de la chanson d'Essen que Tangerine Dream, Amon Düül, Floh de Cologne, Soul Caravan et Guru Guru se firent connaitre.
Conscient de la richesse de la scène allemande, le critique et co-organisateur du festival, Rolf Ulrich-Kaiser, lance le label OHR Records, laissant une liberté absolue aux artistes. Ainsi parut en 1970 l'album instrumental "Electronic Meditation" de Tangerine Dream. Plusieurs autres labels virent le jour par la suite, Brain Records et Pilz.

Sous ces différents labels vont être publiés la plupart des albums marquants du "Krautrock" :  "Zeit"  de Tangerine Dream, "Irrlicht" et "Cyborg" de Klaus Schulze, "Im den Garten Pharaos" de Popol Vuh, ou "Autobahn" de Kraftwerk, qui fit un tube diffusé sur les radios du monde entier.

Bientôt "démodés" lors de la déferlante Punk, il faudra attendre la naissance de la techno et du post-rock pour que ces créateurs allemands (qui pour la plupart continuaient à travailler) soient à nouveau à l'honneur, leurs disques bénéficiant alors de nombreuses rééditions. En 2000, Kraftwerk était convié à sonoriser les halls de gares et d'aéroports de Hanovre à l'occasion de l'Exposition universelle !

Source : http://music.msai-formations.com/music/musiques_electroniques.htm
et http://membres.lycos.fr/erickolm/plan.htm (article d'Eric Deshayes, créateur de Néosphère)
Pour en savoir encore plus sur la musique électronique : http://membres.lycos.fr/erickolm/electro.htm
Et sur le Krautrock : http://www.phinnweb.com/krautrock et http://www.krautrock.co.uk/
Petite histoire des instruments … 

Le Theremin (1927), 
• les Ondes Martenot (1928), 
• l’Orgue Hammond (1935), 
•le Mellotron, ancêtre des échantillonneurs (1964), 
• le Synthétiseur (1957) 
• et en 1964 le synthétiseurs Moog,

…  électroniques

le Clavinet Hohner commercialisé en 1964 par Ernst Zacharias (Allemagne).
• le Piano électrique Rhodes (1970), 
• l’échantillonneur (1977), 
• le Personal Computer(1981), le CD (1983),
• le Synthétiseur à modulation de fréquence, la norme MIDI et la boite à rythme (1983) …

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