LA RUBRIQUE DE CÉCILE

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Elias Canetti, un écrivain européen de langue allemande

Classé parmi les plus grands écrivains de langue allemande, Elias Canetti est prix Nobel de Littérature. Cécile se penche aujourd'hui sur son autobiographie, en particulier le premier tome, paru en 1977, "la langue sauvée" ("die gerettete Zunge"). 
Comment a-t-il appris l'allemand dans son plus jeune âge ? Grâce à une méthode "originale" inventée par sa mère … Cécile a traduit pour vous un extrait qui raconte cet épisode … instructif !

Né en Bulgarie en 1905, d’une famille de juifs espagnols, Elias Canetti vécut une vie entière de "juif errant", au gré des évènements qui marquèrent le XXème siècle. C’est ainsi qu’il émigrera très tôt vers l’Angleterre, sa famille s'y étant établie en 1911, puis vers Zurich et l’Autriche en 1913, où il fait ses études de chimie et de philosophie. De sa culture viennoise, il conservera la langue allemande, comme langue de plume. Après l'Anschluss, il quitte définitivement l'Autriche pour vivre tour à tour à Londres et à Zurich, "le paradis perdu" de son adolescence où il meurt le 14 août 1994.
Bien que diplômé d’un Doctorat de Chimie, il se tourna très vite vers la littérature. Son premier roman « Auto-da-fé », écrit à Vienne en 1930-31, le rendit célèbre.
À la frontière entre littérature et philosophie, l'œuvre de Canetti comprend des essais (Masse et puissance, 1960 et la Conscience des mots, 1975), des réflexions (le Territoire de l'homme, 1973), des récits (les Voix de Marrakech, 1967), des Mémoires (Histoire d'une jeunesse. La langue sauvée. 1905-1921, 1977; Histoire d'une vie. Le flambeau dans l'oreille. 1921-1931, 1980; Jeux de regards. 1931-1937, 1985).
Eégalement auteur de trois pièces de théâtre : « Noce », « La Comédie des Vanités » et « les Sursitaires », il fut récompensée par le Prix Nobel de Littérature en 1981 (à noter que son oeuvre est traduite en plus de 25 langues). Il s’éteint à Zürich en 1994.

Canetti et la langue allemande

Lorsqu'il obtint le prix Nobel en 1981, Elias Canetti désigna comme son "territoire" l'Europe de quatre écrivains de langue allemande de l'ancienne Autriche : Karl Kraus, Franz Kafka, Robert Musil et Hermann Broch.
Une bonne illustration de la "langue sauvée" - l'allemand, que sa mère lui avait appris, par amour de la Vienne impériale, et qui représentait à leurs yeux le haut lieu de la culture européenne.
Dans son livre autobiographique, «Die gerettete Zunge» - «La langue sauvée», Elias Canetti évoque sa jeunesse et plus particulièrement ses souvenirs d’enfance entre 1905 et 1921. Il nous livre ici le récit de son éducation qu’il reçoit en Europe Centrale au début du siècle, dans une époque encore insouciante et joyeuse, avant que l’Occident ne soit emporté dans les déflagrations de la Grande Guerre en 1914. Avec beaucoup de sensibilité, il évoque fidèlement ses premiers souvenirs, ses joies et ses peines alors qu’il coulait encore des jours heureux au bord du Danube.
Lire ici un extrait (en allemand et en français) où il explique comment il a appris l'allemand avec sa mère : une méthode étonnante, mais qui ne l'a pas empêché de devenir l'un des plus grand écrivain de langue allemande !
Bref, un livre plein de sensibilité à savourer de préférence … en allemand. Mais que ceux qui ne maîtrisent pas la langue de Goethe ne s’affolent pas : le livre est traduit en français … Bonne lecture !

                                                                                            Cécile Bordeau
 
Pour en savoir plus 
dhm.de/lemo/html/biografien/CanettiElias/
literaturhaus.at/buch/buch/rez/canetti/bio.html
inst.at/trans/7Nr/konstantinov7.htm
http://fr.encyclopedia.yahoo.com/articles/ma/ma_1927_p0.html
Pour se procurer le livre
• La langue sauvée ? Histoire d’une jeunesse d’Elias Canetti, Collection : le livre de poche
• Die gerettete Zunge, Fischer Taschenbuch Verlag
(fischer-tb.de)

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