CARNET DE VOYAGE/PÂQUES 2004

Tübingen, la perle du Neckar

TUBINGEN, ENTRE NECKAR ET DANUBE

En ce début de printemps, Cécile repart sur la route pour son premier grand voyage de l’année, choisissant cette fois l’Allemagne du sud et plus précisément le Jura Souabe, dans le Land du Baden-Wurtemberg. 

Par Cécile BORDEAU

• Toutes les photos sont signées Cécile BORDEAU. Cliquez sur celles-ci pour les voir en grand


 
 

Vendredi 9 avril

En ce début du printemps, nous repartons sur la route des vacances pour notre premier grand voyage de l’année, vers l’Allemagne et le Land du Baden-Wurtemberg et plus précisément le Jura Souabe

Entre la Forêt-Noire et les massifs cristallins des Confins bohémiens, les hauts plateaux calcaires du Jura Souabe (point culminant : 1015 m au Lemberg) forment le « toît » de l’Allemagne du Sud, suivant la ligne de partage des eaux du Rhin (bassin du Neckar) et du Danube. La retombée du Jura Souabe sur le bassin du Neckar, au Nord-Ouest, atteint 400m de dénivellation. Détachés de l’abrupt principal, des monts en forme de butte ont été des sites de prédilection pour des châteaux qui furent le berceau de dynasties comblées de gloire, les Hohenstaufen et les Hohenzollern. 
(pour en savoir plus sur la région : http://www.schwaebischealb.de/deutsch/index_d.htm

En ce début du printemps, nous repartons sur la route des vacances pour notre premier grand voyage de l’année, vers l’Allemagne et le Land du Baden-Wurtemberg et plus précisément le Jura Souabe.
Entre la Forêt-Noire et les massifs cristallins des Confins bohémiens, les hauts plateaux calcaires du Jura Souabe (point culminant : 1015 m au Lemberg) forment le « toît » de l’Allemagne du Sud, suivant la ligne de partage des eaux du Rhin (bassin du Neckar) et du Danube. La retombée du Jura Souabe sur le bassin du Neckar, au Nord-Ouest, atteint 400m de dénivellation.

Détachés de l’abrupt principal, des monts en forme de butte ont été des sites de prédilection pour des châteaux qui furent le berceau de dynasties comblées de gloire, les Hohenstaufen et les Hohenzollern.
(pour en savoir plus sur la région : http://www.schwaebischealb.de/deutsch/index_d.htm )

Parties d’Aix-en-Provence à 14h34, notre trajet s’effectue, comme l’année dernière, par Sisteron - le Col de Lus la Croix Haute - Grenoble - Annecy.
Au fil des kilomètres, le soleil va très vite disparaître pour laisser la place à la pluie, et la neige !
Température moyenne relevée tout au long de notre trajet : 4°C ! C’est ainsi que, parvenues au Col de Lus la Croix Haute et au Mont Aiguille, nous sommes plongées au cœur d’une véritable tempête de neige.
Après ces intempéries fort peu encourageantes, nous arrivons à Annecy aux alentours de 18h30 pour nous installer dans notre chambre de l’Etap-Hôtel de Cran-Gevrier, donnant sur un sympathique petit bois … Après une brève collation dans la chambre, nous passons une soirée et une nuit calme.

Samedi 10 avril

Pressées de rejoindre notre lieu de vacances pour visiter une nouvelle région d’Allemagne, nous quittons l’hôtel vers 8h30, pour continuer notre trajet via la Suisse.
Comme le jour précédent, le beau temps n’est pas au rendez-vous et une grande partie de notre trajet s’effectue sous une pluie battante.
Après un arrêt sur l’aire d’Estavayer le Lac en Suisse, nous continuons encore et toujours sous la pluie, avant de faire une nouvelle halte dans les environs d’Olten-Aarau, sur une aire de repos, où se trouve une sympathique cafétéria « Marché Mövenpick », qui nous incite à prendre un café, avant de faire le portrait de notre petite chienne Lakmé grâce à un petit studio, qui réalise à l’aide de l’informatique, de véritables petits chef-d’œuvres, donnant l’illusion d’être créés par la main d’un peintre !

Après ce petit moment de détente, la route se poursuit et au fil des kilomètres, nous commençons à ressentir la fatigue, notamment après la frontière entre la Suisse et l’Allemagne. J’ai, quant à moi, un fort mal de tête qui me fait manquer sans doute quelque peu de vigilance, puisque je ne remarque pas la petite boîte verte située à l’entrée d’un village, qui n’est autre qu’un des multiples radars installés à l’entrée de chaque localité, et qui semble m’avoir flashée…. Sans doute arrivais-je un peu au-dessus de la limitation ? L’avenir le dira…..
Quelque peu dépitées par cet incident fâcheux, nous arrivons, malgré tout, à Tübingen, aux alentours de 16h30.

Nous trouvons sans problème notre hôtel, le Gasthof-Hotel Lamm situé à 5 kilomètres de la ville, dans le petit village d’Unterjesingen, et nous nous installons dans notre chambre.
(pour en savoir plus sur le Gasthof-Hotel Lamm : http://www.lamm-tuebingen.de/ )
 

L’entrée du  Gasthof Lamm

Le Gasthof Lamm à Unterjesingen 

Gasthof Lamm, la salle du petit déjeuner (Salle Ludwig Uhland) 

Profitant encore d’un peu de temps libre avant le dîner, nous décidons de repartir dans le centre de Tübingen pour une première petite découverte de cette localité romantique située au bord du Neckar, et connue pour être une grande ville universitaire, d’où son jumelage avec notre ville d’Aix-en-Provence.
 


Vue des façades de Tübingen surplombant 
le Neckar, depuis la Platanenallee

 
La ville de Tübingen, située au confluent de l’Ammer et du Neckar et à laquelle le Schlossberg et l’Österberg confèrent un profil mamelonné, a eu la chance d’être épargnée par la Seconde Guerre mondiale. Elle forme ainsi aujourd’hui encore un ensemble cohérent, qui s’est développé organiquement depuis le Moyen-Âge jusqu’au XIXème siècle. Son dédale de ruelles en pente, bordées de maisons anciennes et l’animation créée par les étudiants se conjuguent pour faire de Tübingen l’une des villes les plus attachantes du Sud de l’Allemagne. (pour en savoir plus : http://www.tuebingen.de )

Nous allons ainsi faire une petite promenade à proximité du plan d’eau des Nymphes dans un premier temps, puis vers le Neckarbrücke, d’où nous apercevons la Hölderlinturm surplombant le Neckar (la tour qui fut habitée par le poète Hölderlin) , et enfin vers la place du Rathaus, absolument superbe avec sa façade recouverte de fresques (représentant des allégories de la justice, de l’agriculture, et des sciences, ainsi que des célébrités de la ville), et sur lequel se trouve également une belle horloge astronomique datant de 1511.
 

La place du marché 

Les bateaux qui naviguent sur le Neckar

De retour à l’hôtel, il est temps de dîner et l’excellent menu proposé par nos sympathiques hôteliers est tout à fait bienvenu après cette journée bien remplie !
La soirée s’achève devant la télévision en regardant un agréable programme de variétés allemandes, la Frühlingsfest de la Volksmusik.

Dimanche 11 avril

La journée débute sous la pluie et il fait froid….. Impossible par un tel temps de prévoir une ballade en extérieur ; mieux vaut, semble-t-il, s’orienter vers une visite où l’on sera à l’abri !
C’est ainsi que nous décidons de modifier notre programme et que nous nous rendons à Sigmaringen, espérant visiter, tout d’abord, le château, et peut-être également, là-bas, trouver un peu plus de beau temps….
C’est peine perdue… : toute la route s’effectue sous la pluie… Nous essayons, pourtant, de faire un petit crochet par le château Lichtenstein, mais nous y parvenons sous une tempête de neige et il nous est impossible de continuer le chemin menant au château, à pied, tellement la visibilité est réduite et la température hivernale….

Nous reprenons donc la route vers Sigmaringen, situé à proximité du Danube, et là, nous n’avons d’autre choix que de nous précipiter dans le Château, pour nous mettre à l’abri et faire la visite des salles pendant une heure environ.

Fort heureusement, il nous est permis de faire cette visite avec notre petite Lakmé, dans son sac, qui aurait eu bien froid, si elle avait du rester seule dans la voiture, au fond du parking souterrain…. A dire vrai, les tribulations d’un teckel en Germanie ne sont jamais de tout repos….
La visite des nombreuses salles du Château qui permet d’évoquer l’histoire de la Dynastie des Hohenzollern, est très intéressante et on ne manquera pas non plus de noter au passage que le Maréchal Pétain et son gouvernement y avaient séjourné, durant quelques mois, de septembre 1944 à avril 1945, « invités » ici, par Hitler, qui, pour la circonstance, avait forcé la famille Hohenzollern à quitter les lieux en quelques heures…..
 

     Schloss Sigmaringen 
La forte position défensive de Sigmaringen - un rocher surgissant de la vallée au débouché de la percée du Haut-Danube - avait fait de la ville la petite capitale de la principauté de Hohenzollern-Sigmaringen, possession de la branche souabe et catholique de l’illustre lignée. Le château, bien campé sur la falaise, n’a de féodal que le site et l’allure d’ensemble. Les bâtiments et leur décoration intérieure sont des pastiches de différents styles. (pour en savoir plus sur Sigmaringen   et sur le château : http://www.hohenzollern.com/

Après la visite, il pleut toujours et nous décidons de nous restaurer un peu au Café Schön, en dégustant un café et une délicieuse part de Forêt Noire. Nous revenons ensuite sur Tübingen par la route d’Hechingen où nous retrouvons quelque peu le soleil même s’il fait toujours frais.

Après une petite promenade dans les sentiers d’une petite forêt pour que Lakmé puisse se détendre, nous sommes de retour à Tübingen, où, la pluie passée, nous faisons quelques pas dans la Platanenallee au bord du Neckar.
 

Cécile … 

et sa mère devant le Rathaus de Tübingen 

Nous terminons l’après-midi en faisant une promenade en voiture dans les quartiers résidentiels, espérant parvenir au château surplombant la ville. Nous y renonçons, car nous sommes bientôt piégées en zone piétonne…. !

De retour à l’hôtel, il est temps de dîner, savourant la chance que nous avons ce soir, nos hôteliers ayant décidé de renoncer à leur jour de congé dominical traditionnel.

Lundi 12 avril

La journée s’annonce aujourd’hui sous de meilleurs auspices, le soleil étant au rendez-vous ! 
La température restant, malgré tout, encore fraîche (11-13°C), nous décidons, à nouveau, après le petit déjeuner, de consacrer notre journée à une visite de château, en l’occurrence le Burg Hohenzollern à Hechingen.
 
De quelque côté qu’on le découvre, le château de Hohenzollern, élancé, hérissé de tours apparaît sur sa colline détachée du Jura Souabe, comme surgi pour un décor de légende. Le site, plus que le bâtiment même du Château justifie sa célébrité.

Le berceau des Hohenzollern : la dynastie remonte aux comtes de Zollern, installés, à l’origine, dans la région de Hechingen et qui, au cours des temps, se sont ramifiés en plusieurs branches. En 1415, les Hohenzollern de Franconie devinrent margraves de Brandebourg et ainsi princes-électeurs. En 1618, ils héritèrent du duché de Prusse.

Le Burg Hohenzollern à 855 mètres d’altitude

Au XVIIIème siècle, sous la domination des Hohenzollern, le royaume de Prusse devint une grande puissance européenne. C’est un Hohenzollern, Guillaume 1er, qui est placé à la tête de l’Empire allemand, fondé en 1871 à l’instigation de la Prusse. Mais à peine un demi-siècle plus tard, la défaite et la révolution qui suivirent la Première Guerre mondiale mirent un terme à la domination des Hohenzollern : le 9 novembre 1918, Guillaume devait abdiquer.
(pour en savoir plus sur Hechingen et sur le château : http://www.hohenzollern.com/ )

Le château, tel une forteresse, situé sur le haut d’une colline, se voit de très loin aux alentours et il apparaît presque comme un château de conte de fées, ce qui le fait, d’ailleurs, souvent surnommer, par ici, le « Neuschwanstein souabe », en référence au Château de Louis II de Bavière, qui, lui aussi, est tout à fait inoubliable par sa situation perchée et l’architecture magique qui le caractérise.

Après être parvenues sur le grand parking payant, où à cette heure matinale les touristes sont encore peu nombreux, nous empruntons la navette (elle aussi payante) qui nous amène aux portes inférieures de l’enceinte du château, et qui nous permet d’économiser nos forces pour les kilomètres qu’il nous reste à parcourir, d’autant que l’inclinaison de la pente ne nous encourage guère à faire l’effort de la promenade à pied….
 

     Burg Hohenzollern : l’entrée du parc


Pourtant, quelques courageux, chargés de poussettes et d’enfants en bas âge, font l’effort, eux, d’y monter tranquillement…. A moins que ce ne soit pour faire quelques économies, le prix de la navette par personne (2.55 Euros aller-retour), pouvant en effet décourager les familles nombreuses…. Il est vrai que, bien que l’intérêt touristique du site soit incontestable, on aura ici maintes occasions d’avoir la main au porte-monnaie : outre la navette, en effet, on devra encore acquitter un droit d’entrée au parc du château, un autre droit d’entrée pour la visite des salles !

 

Burg Hohenzollern : la cour du château

La cour du château 


 

Le château et son mur d’enceinte
 


la cour du château 

 

Une des tours du château 

 

Soucieuses de ne pas trop dépenser dès le début de notre séjour, nous décidons de nous limiter au parc du Château et à la cour intérieure, d’autant qu’ici Lakmé ne sera pas admise dans le château : Règlement, règlement….. Même la jolie frimousse de ce petit bout de chien dans son sac qui fera de l’œil à la jeune femme de l’accueil (pourtant attendrie !) ne parviendra à faire entorse à la réglementation…..

Nous faisons donc la visite de la cour intérieure, au centre de laquelle siège un canon.
 


 

Cécile …


… et sa mère dans la cour du château

 

 

Les statues de quelques-uns des Hohenzollern, 
dans le parc 


Le vitrail avec la devise des Hohenzollern : «Tout avec Dieu et rien sans lui » dans l’Eglise St Jakobus d’Hechingen

Tout autour du château, on remarque de nombreuses et imposantes statues des Hohenzollern.

Après cette belle promenade autour du château, d’où l’on a un beau point de vue sur la vallée en contrebas, nous redescendons avec la navette, pour rejoindre le parking, où se trouve un « Imbiss », qui nous permettra de nous restaurer.
Après l’achat de quelques souvenirs et cartes postales, nous décidons de retourner sur Hechingen, surnommée la « Ville des Hohenzollern » pour visiter le centre et surtout la Stiftskirche St Jakobus.

De retour sur Tübingen, le soleil toujours présent, même si le mercure ne remonte pas beaucoup, nous décidons d’aller nous promener dans l’Alter Botanischer Garten, un parc, qui, comme son nom l’indique, était autrefois botanique, mais qui est, devenu aujourd’hui, un parc de détente, en plein cœur de la ville.
Après quelques pas dans la vieille ville, en admirant, au passage, les superbes façades à colombages des maisons, nous parvenons au Château de Tübingen qui domine la ville.

Après quelques instants passés à visiter la cour du château et à se reposer sur un banc au soleil en envoyant des SMS à quelques amis, il est temps de revenir à notre hôtel pour se préparer à dîner, sans se douter, encore, que notre hôtelier nous a préparé une sympathique spécialité, l’Ofenfrischer Flammenkuchen, qui, bien que savoureuse, ne pourra être terminée en totalité, tellement les parts présentées sur la planche sont nombreuses…..

Mardi 13 avril

Le soleil semblant vouloir continuer à nous accompagner, même si, une fois encore, le fond de l’air reste toujours frais (13°C), nous partons vers 9 heures pour visiter Tübingen à pied, souhaitant profiter de l’ouverture des magasins, qui, fête de Pâques oblige, étaient fermés depuis vendredi … Résultat : 3 heures de marche en tous sens dans la ville !

Fatiguées par tant de marche, nous décidons, aux alentours de midi, de reprendre la voiture et d’aller visiter une ville thermale de la région : Bad Urach.
 

Bad Urach : la place avec sa décoration de Pâques 

Quelques belles façades

Une belle maison à colombages 

Comme beaucoup de villes thermales en Allemagne, Bad Urach est partagée en deux : d’un côté la ville commerçante traditionnelle ; de l’autre, la ville thermale, à proprement parler, avec son établissement de bains, son parc thermal et ses hôtels.
La première partie de notre visite se consacre à la visite de la ville traditionnelle, en admirant les belles façades à colombages, la place du centre-ville, où, pour l’occasion de Pâques, de belles décorations ont été installées en son centre.

Après une pause « Kaffee-Kuchen » à la très jolie Conditorei Buck, nous décidons d’aller voir « l’autre » Bad Urach, le quartier des thermes.
 

Lakmé dans le parc thermal de Bad Urach, au milieu des jonquilles 

Cécile et sa mère dans le parc thermal …


 

 … de Bad Urach

Parvenues dans le parc thermal, nous sommes séduites par l’atmosphère printanière qui règne ici : d’innombrables jonquilles et narcisses (en parterre ou sauvages) font de l’endroit une promenade très agréable et reposante, d’autant que le soleil est maintenant bien présent !
 

La piscine de l’établissement de cure 

Nous ne manquons pas non plus d’aller voir le centre thermal de plus près, apercevant bientôt de nombreux curistes évoluer dans les piscines en plein air !!! A n’en pas douter, ils sont mieux dans l’eau qu’à l’air libre…..Entre une température extérieure de 13°C et la température de l’eau à 38°C, le choix, semble en effet, évident !….
(pour en savoir plus sur Bad Urach : http://www.bad-urach.de/ )

Après cette jolie promenade, il est temps de revenir sur Tübingen, où nous arrivons vers 17 heures.
On dîne tôt en Allemagne et c’est tant mieux, car nous sommes affamées….. Notre hôtelier l’aura, sans doute, à nouveau, bien compris, nous proposant des plats tout à fait savoureux et surtout un délicieux « Apfelstrudel », qu’aucun Autrichien n’aurait osé critiquer…..
 

On notera, au passage, que tout au long de notre séjour, le patron de l’hôtel, qui cuisinait lui-même, avait toujours à cœur de nous proposer, chaque soir, des plats savoureux et des spécialités de la région.

 


 
 
Revenir sur Germania Lire la suite du carnet Revenir à Tübingen