CARNET DE VOYAGE/ VIENNE 2003
 
NOEL À VIENNE (1ère partie)

Cécile visite Vienne, dans ses moindres détails, en fiacre avec sa mère, flâne sur les marchés de Noël, et écoute des Chants de l'Avent dans la superbe salle du Rathaus.

Par Cécile BORDEAU


 

Samedi 20 décembre 

Cette année, notre départ en avion pour l’Autriche et sa superbe capitale impériale s’effectue depuis Nice, 
pour bénéficier d’un vol direct car nous souhaitons éviter des transferts toujours trop longs et épuisants. 
La journée commence pourtant très tôt, car il nous faut prendre le car qui relie Aix-en-Provence à Nice et 
qui part à 9h00. 

Après un trajet sans problème, nous arrivons à l’aéroport de Nice aux environs de 11h20, suffisamment à 
temps pour accomplir les formalités liées à l’embarquement de notre petite chienne Lakmé (toujours alerte, malgré ses 13 ans !), et pour déjeuner tranquillement à la cafétéria de l’aéroport, avant de prendre notre 
avion dont le décollage est prévu à 15h10.
Après un décollage sans retard (on notera la ponctualité sans faille d’Austrian Airlines !), et un vol sans
histoires, nous arrivons à Vienne à 17 heures. 
Pressées d’arriver à notre hôtel, nous récupérons nos bagages (en réalisant - déjà ! - que nous aurions du
alléger nos bagages….), prenons le bus qui relie l’aéroport à la Westbahnhof, pour enfin sauter dans le 
métro qui doit nous emmener directement à notre hôtel, situé à deux stations de là, en plein cœur de la Mariahilfer Straße, toujours superbement décorée à cette période de l’année !
Parvenues à l’hôtel KUMMER, que nous connaissons bien, y ayant déjà séjourné plusieurs fois, nous sommes soulagées de pouvoir déposer nos valises, de nous installer confortablement dans notre chambre habituelle, 
avant d’aller retrouver, juste derrière l’hôtel, le petit parc Esterhazy, où Lakmé a ses habitudes….
 

Devant l'arbre de Noël …

… de l'hôtel Kummer !

La différence de température par rapport à Nice est notable et fatiguées par cette journée de voyage, 
nous apprécions de pouvoir, enfin, nous réchauffer et nous restaurer d’un délicieux potage au restaurant de l’hôtel, avant d’aller déballer nos valises en écoutant une jolie émission de Noël animée par Udo Jürgens 
depuis Lech am Arlberg, et qui nous met déjà dans l’ambiance avec de jolis chants de l’Avent….

Nous nous couchons à 22h30, bien décidées à profiter pleinement de nos quelques jours de vacances 
d’hiver dans la capitale autrichienne…..

Dimanche 21 décembre 

Les jours étant comptés, il convient de ne pas perdre de temps et c’est ainsi que nous nous levons 
dès 6h30, pour aller prendre notre petit déjeuner, dans la très belle salle de l’hôtel. 

La veille, la réception nous a avisé qu’une amie résidant à Vienne (que nous avons connue lors de nos 
précédents séjours d’été à Alpbach), est venue déposer sa carte à notre hôtel pour que nous l’appelions
afin de convenir d’une rencontre pendant notre séjour. C’est ainsi que nous lui téléphonons, et qu’elle 
nous invite gentiment à lui rendre visite, ainsi qu’à son mari, le 25 décembre dans l’après midi.

Après cette sympathique invitation, il est temps de partir en ville car nous avons décidé de faire une
promenade en fiacre. Il fait très froid, mais nous pensons qu’il est plus intéressant de faire cette 
promenade romantique à une heure matinale, un dimanche, avant que les voitures, les tramways et 
les bus n’aient trop envahi les artères de la ville. Bravant le froid hivernal, mais chaudement vêtues, 
nous nous rendons avec Lakmé, sur la Heldenplatz (Place des Héros) croyant y trouver les fiacres, 
comme c’est le cas habituellement. 
 

     Le monument de l’Impératrice 
     Elisabeth dans le Volksgarten

Ceux-ci n’y étant pas, nous décidons d’aller les retrouver à la Cathédrale (un de leurs autres points de stationnement), 
et faisons un petit crochet à pied par le Volksgarten, pour aller y admirer le monument de l’Impératrice d’Elisabeth, que nous 
n’avions pas vu lors de nos précédents séjours….

Nous prenons quelques photos et apercevons bientôt quelques
fiacres stationnant sur le Ring, devant le Burgtheater tout proche !

Après s’être renseignées sur les tarifs, nous décidons de choisir le « grand tour » d’une heure, un plaisir, 
certes, un peu onéreux, mais qui récompense des mois d’économies draconiennes sur notre budget 
et surtout, qui permettra de découvrir « le meilleur » de Vienne et de se forger un souvenir inoubliable :
un plaisir qu’on ne s’offre qu’une fois dans sa vie, mais qui restera, à jamais, gravé, dans nos mémoires… 
Un moment d’exception où le temps d’un instant en entendant résonner les sabots des chevaux, conduits par un imperturbable cocher, fouet en main, l’illusion est parfaite : nous sommes aux XIXème siècle !….

Après être montées dans le premier fiacre en partance (un fiacre blanc, qui sert d’ordinaire pour les 
mariages ) et l’avoir découvert (malgré le froid ambiant !), pour profiter pleinement des commentaires 
de notre sympathique cocher (ce qui n’aurait pu être possible si le fiacre avait été couvert), nous 
débutons notre tour dans la Vieille Ville (Altstadt), le quartier des Antiquaires (Antiquitätenviertel), 
et la Ringstraße (le boulevard de ceinture de Vienne). Notre cocher, chaudement emmitouflé, s’est immédiatement coiffé du traditionnel chapeau melon, comme l’exige la tradition et comme le font
tous ses confrères lorsqu’ils chargent des passagers. 
De même, les commentaires très complets de notre cocher sont énoncés avec le parfait accent
« Wienerisch », comme il se doit !
 

Dans notre fiacre devant le parc du Rathaus

Dans notre fiacre devant le Burgtheater


 
 

Notre fiacre, notre cocher et les chevaux

Ci-dessous le détail de notre promenade romantique à travers la capitale autrichienne : 

Notre trajet débute donc en face du Rathaus (l’Hotel de Ville), de style néo-gothique, en face duquel 
est installé  le Marché de Noël. De l’autre côté du Ring, lui faisant face, se trouve le Burgtheater,
le plus célèbre théâtre de langue allemande, construit en 1888 dans un style Renaissance Italienne. 

Nous passons ensuite devant le Café Landtmann, un célèbre café viennois, dans lequel nous aurons
l’occasion de revenir. 
 

 Notre cocher vu de dos depuis notre fiacre

 Place am Hof avec au centre la Mariensäule, colonne de la Vierge

     En passant devant le parlement… 

Notre promenade nous amène ensuite du côté de la « Dreimäderlhaus », un édifice festonné de 
guirlandes Biedermeier du début du XIXème siècle, dont la rumeur laissait entendre qu’il s’agissait de la garçonnière de F.
Schubert qui y aurait installé trois de ses maîtresses. Nous passons ensuite devant la  Pasqualati-Haus,
la maison dans laquelle Beethoven écrit son opéra Fidélio, pour atteindre bientôt le Monument Liebenberg, dédié au maire de Vienne en exercice en 1683.

Peu à peu, admirant çà et là de belles façades et de beaux édifices, nous parvenons à la Freyung,
un très beau quartier de Vienne. Nous admirons la Schottenkirche, une église fondée en 1777 
par des moines bénédictins écossais et irlandais. Bientôt sur la grande place, on aperçoit le palais d
ans lequel Mozart donna son premier concert public en 1762. Au sud de la Freyung, la Herrengasse
l’une des plus belles artères de la ville intérieure, séduit par ses  palais baroques appartenant, jadis, à d’illustres familles autrichiennes, hongroises, italiennes et tchèques, et qui abritent aujourd’hui des ministères, des ambassades et des associations internationales. 

Non loin de là, le  Palais Ferstel accueille une galerie marchande raffinée où les antiquaires et l
es boutiques de luxe séduisent les touristes argentés. Juste derrière, on trouve le Café Central,
le lieu favori des gens de lettres de la fin du XIXème siècle. 

Après plusieurs jolies rues de la Vieille Ville, nous arrivons sur le Graben, où l’on retrouve la 
Pestsäule (Colonne de la Peste), tandis que sur la droite, on aperçoit la  Peterskirche dont le 
maître d’œuvre était Lukas von Hildebrandt et, où Sissi aimait se recueillir dans l’intimité.
 

La façade du Generali Hof sur le Graben
 


      La Peterskirche

   Façade du Graben Hof sur le Graben
 

Nous arrivons ensuite dans le quartier de la Cathédrale (Stephansdom), et traversons le quartier de Brandstätte, du nom de l’incendie qui ravagea le quartier au Moyen-Age. 

Nous atteignons l’Hoher Markt, une place sur laquelle se trouve un joyau : l’AnkerUhr, une horloge multicolore à jacquemart, édifiée en 1913 par une Compagnie d’Assurances locale et sur laquelle défilent 
tous lesjours à midi des personnages célèbres (Charlemagne, Marie-Thérèse d’Autriche, le Prince Eugène, etc…). 

En revenant vers la Judenplatz, d’ou l’on accède à l’Uhrenmuseum (musée des horloges), on atteint 
bientôt la place Am Hof, la plus vaste place de la vieille ville, où se trouve en cette période de l’année 
un joli petit marché de Noël.
 

           La Cathédrale St Etienne 

           L’Anker Uhr

        Le marché de Noël du Rathaus 

On emprunte ensuite le Kohlmarkt (une belle rue où l’on trouve la célèbre Konditorei Demel), pour atteindre la Hofburg, à proximité de la Michaelerplatz, où se trouve le très somptueux Café Griensteidl. 

En passant par la  Michaelertor, l’entrée de la Hofburg, on atteint bientôt la Schweizertor, et enfin l’harmonieuse Josefsplatz, autour de laquelle se trouve l’ancienne Hofbibliothek, la  Redoutensaaltrakt, ancienne salle de bal, le passage donnant accès à la Winterreitsschule
(le manège d’hiver de l’Ecole d’Equitation Espagnole) et le Stallburg, où les lipizzans vivent dans
le confort qui sied à des fonctionnaires impériaux.

On atteint ensuite la  Hofburgkapelle, où les Petits Chanteurs de Vienne (Wiener Sängerknaben) officient chaque dimanche. 

Nous passons également devant l’Augustinerkirche, l’église où fut célébré le mariage de François-Joseph
et de l’Impératrice Elisabeth. 

Le trajet s’achève en traversant la Heldenplatz (Place des Héros), en rejoignant le Burggarten,
d’où l’on accède à la Ringstrasse, le boulevard circulaire de Vienne.

En passant devant le Burggarten, on remarque à droite dans le parc, la statue de Mozart, tandis qu’à gauche,derrière la statue de Schiller, on trouve la  Gemälde Galerie der Akademie der bildenden
Kunste (la  Galerie de peinture de l’Académie des Beaux-Arts). 

Plus loin, le Kunsthistorisches Museum, et le  Naturhistorisches Museum se font face, séparés
 par l’imposante statue de Marie-Thérèse.

Le fiacre termine sa promenade romantique à travers Vienne en passant devant le  Parlement
néo-grec, devant lequel s’élève la statue de Pallas-Athene, déesse de la Sagesse. De l’autre côté,
lui faisant face, se trouve le plus ancien jardin public de la ville, le Volksgarten, avec son imitation
du temple de Thésée, un monument dédié à l’Impératrice Elisabeth. 
 

       Notre fiacre avec d’autres passagers 
                devant le Parlement

     Le Parlement avec la statue de Pallas Athene, 
         et un tramway nouvelle génération

Nous revenons quelques minutes plus tard à notre point de départ, au Burgtheater, avec notre petite chienne Lakmé,qui pourtant bien couverte, ne réussira pas, dans les premières minutes à se dégourdir les pattes….

Après cette belle promenade, malgré la température hivernale (assurément, le thermomètre affiche une température négative !), nous décidons de retourner à l’hôtel pour nous couvrir plus chaudement, avant de repartir en ville pour aller découvrir la grande artère de Vienne, la Kärtnerstraße, et déjeuner à notre restaurant favori, le Markt-Restaurant Rosenberger, qui présente, outre la possibilité de déjeuner dans un cadre agréable, l’avantage de proposer un vaste choix de plats et de salades en self-service, très 
différent et bien plus convivial que nos cafétérias françaises (voir nos précédents carnets de 
voyages à Vienne : Noëls 1999, 2000, 2001).

La nuit tombe vite à Vienne en hiver, et déjà la Kärtnerstraße brille de toutes ses illuminations…. 
A noter que les illuminations à Vienne en cette période de fin d’année, sont toujours raffinées, sans extravagance ou exagération.
L’ambiance de Noël est, ici, à son comble, nous invitant bientôt, à nous rendre en tramway et en métro 
au Wiener Christkindlmarkt, le célèbre marché de Noël de Vienne, situé devant le Rathaus
(l’Hôtel de Ville), lui aussi, toujours aussi superbement illuminé et dont la façade, au mois de décembre, se transforme en un gigantesque Calendrier de l’Avent !
 
 

Le parc illuminé du Rathaus avec au fond,  le Burgtheater

 Le Wiener Christkindlmarkt, avec le Rathaus illuminé, et Maman au premier plan

           La Kärntner Straße illuminée

Nous sillonnons les allées de ce merveilleux Marché de Noël, où les petits chalets regorgent de décorations
en tous genres, de friandises, de peluches, et de douceurs diverses : un enchantement pour petits et grands ! 

La nuit venue, le froid persiste et l’on apprécie particulièrement de déguster un Apfelpunsch (bouillant !) dans une jolie tasse à l’effigie de Sissi, que l’on serre frénétiquement dans ses mains, en admirant au dessus 
de soi, les superbes arbres décorés de personnages et de ballons illuminés….qui confèrent au parc du 
Rathaus l’image d’un décor de conte de fées…..

Après un bref retour à l’hôtel pour déposer Lakmé qui aspire à se reposer (et à se réchauffer), nous 
repartons aussitôt pour le Rathaus et sa grande salle d’apparat dans laquelle ont lieu, comme chaque 
week-end depuis le 15 novembre, les traditionnels « Chants de l’Avent » (Internationale Adventsingen).
 

         Chorales au Rathaus
      (Internationale Adventsingen)

Des chorales internationales (dont deux sont des chorales d’enfants) se succèdent de demi-heure en 
demi-heure pour notre plus grand plaisir et celui des nombreux spectateurs venus de tout le pays et 
du monde entier pour fêter Noël dans la capitale autrichienne !

Je profite également de la transition entre deux chorales pour aller découvrir au rez-de-chaussée, 
les petits ateliers des enfants qui se livrent à des activités manuelles, et ce, pendant toute la période de l’Avent : pâtisserie, gravure sur bois, peinture sur verre, bougies, etc…Là encore, un enchantement pour 
les enfants, qui attendent ainsi avec un peu plus de patience, l’arrivée du Christkind…. 

Après ce sympathique moment, il est temps de retourner sur le marché de Noël pour aller déguster une savoureuse (et géante !) pomme de terre au four (qu’il est coutume de servir, ici, en hiver, en robe des
champs, et fourrée d’une délicieuse sauce chaude : à l’ail, à la ciboulette, au saumon, au fromage, etc…) accompagnée d’un « Jägertee » brûlant et fort à réveiller un mort…..

Pour en savoir plus sur le Jägertee, le Glühwein et autres boissons hivernales, lire le 
numéro de Déc/Janvier de Germania Magazine, rubrique « Noël en terre germanique.

Après notre retour à l’hôtel, une dernière petite promenade avec Lakmé au Parc Esterhazy, 
l’envoi de SMS à nos amis et connaissances, je téléphone à ma correspondante viennoise Dagmar, 
qui souhaitait que nous puissions nous rencontrer pendant notre séjour, et qui malheureusement 
est clouée au lit avec une grippe…..

La journée s’achève tranquillement devant la télévision, avant que l’extinction des feux ne se 
fasse aux alentours de 22h30….
 

Revenir lire "Cécile à Vienne" Lire la suite du carnet
    Revenir lire le n° 11, spécial Vienne